Le hameau du Cornouiller
Le hameau du Cornouiller, qui dépend de la commune d’Us, présente un intérêt particulier quant à son passé et aux établissements qui s’y élevaient autrefois.
« Cornouiller » est issu du mot celte « corn », qui signifie la
pointe ou la corne des chemins, ainsi dénommée au regard des deux
carrefours entre lesquels le hameau était bâti et des nombreuses
voies qui se croisaient sur son territoire.
Au début du XIe siècle, le fief du Cornouiller forme un
hameau de 10 à 12 feux. Au XIIe siècle, il est appelé
Cornelaie, puis au début du XIIIe siècle, Cornelin,
Cornelernin en 1251 et Corneleir en 1270 et 1457. En 1639, il prend
le nom de Cornouillié, la Cornouillé en 1650, la Cornouillère en
1654 et enfin, le Cornouiller au siècle dernier.
Fondation du Prieuré
En l’an 1098, le roi d’Angleterre, Guillaume le Roux,
avait ravagé tout le payes de Gisors à Pontoise. Le Cornouiller,
situé sur une grande voie de communication, était désigné à la
faveur des envahisseurs qui emmenèrent avec eux un énorme butin et
une multitude de captifs.
En 1117, le propriétaire, Thierry de Luzarches, qui était noble et
devint chevalier par la suite, tenta de ramener la vie dans le
hameau détruit en y fondant un monastère. Il appela dans le sauvage
vallon de la Viosne les religieux de l’abbaye de Josaphat,
diocèse de Chartres.
La vallée où est érigé le monastère ressemble étrangement à la
vallée de Jérusalem où Thierry de Luzarches était parti en croisade
avec Godefroi de Bouillon. Par la suite, de nombreux croisés de la
noblesse française viendront en pèlerinage au Cornouiller et
certains s’y feront même enterrer.
Le prieuré fût construit par 6 moines, l’archevêque de Rouen
leur accorda les dîmes et les mêmes droits qu’à une
paroisse.
Thierry de Luzarches mourut en 1133, sans laisser d’enfants,
et fut enterré dans l’église du prieuré.
La vie monastique du
Cornouiller
Les Bénédictins du XIIe siècle cultivaient les terres
entourant leur couvent en blé, orge et avoine. Ils
n’observaient pas les jeûnes et mangeaient de la viande. Le
couvent était riche. Jusqu’au XVIe siècle, la vie
monastique est en plein essor. Les moines fêtent la Saint Laurent
et la Saint Blaise. Les reliques de ce dernier ont été déposées sur
les terres du Cornouiller, près d’une fontaine connue à
l’époque sous le nom de « la Fontaine aux Reliques ».
La vie monastique prend fin en 1654, et le 26 juillet 1792, le
prieuré fût vendu avec tous ses biens. Il consistait, outre la
ferme et ses dépendances, en 176 arpents de terres labourables,
prés, pâturages et bois/friches, le tout sur les territoires
d’Us, Théméricourt, Avernes, Gouzangrès et du Perchay.
Le domaine fut adjugé à 80.000 livres par Etienne Lalouette,
notaire à Pontoise.
Il est de nos jours reconverti en « Gite de France ».